Comment diagnostiquer une rupture de ligament croisé ?

Le diagnostic d’une rupture du ligament croisé antérieur repose sur une démarche clinique méthodique, guidée par des éléments précis et vérifiables. Cette lésion touche le genou après un traumatisme bien identifié et entraîne une instabilité mécanique mesurable. Le diagnostic s’appuie notamment sur l’analyse du contexte de survenue, l’observation de signes physiques immédiats et la réalisation de tests orthopédiques codifiés. Chaque étape du raisonnement médical apporte des indices concrets, permettant d’orienter rapidement vers des examens complémentaires adaptés et d’éviter toute confusion avec une simple entorse bénigne du genou.

Contexte traumatique

Le diagnostic débute par l’analyse précise du mécanisme lésionnel rapporté par le patient. Une rupture du ligament croisé antérieur survient lors d’un mouvement de pivot brutal, d’un changement d’appui rapide ou d’une réception de saut avec le genou en légère flexion. Un arrêt net de l’activité est fréquemment décrit, accompagné d’une sensation de dérobement articulaire. Certains patients évoquent un bruit sec perçu au moment du traumatisme, signe indirect d’une rupture complète. L’interrogatoire précise également la position du pied, la direction de la force appliquée et l’intensité du choc. Ces données orientent immédiatement vers une atteinte ligamentaire. En effet, elles correspondent à des contraintes biomécaniques connues pour rompre le ligament croisé antérieur du genou. Cliquez sur docteur-sailhan.fr pour en savoir davantage sur ce sujet.

Signes cliniques immédiats

lesion genou

Les manifestations cliniques apparaissent rapidement après le traumatisme et constituent des éléments diagnostiques concrets. Un enflement du genou dans les heures suivant l’accident traduit une hémarthrose, liée à la rupture des fibres ligamentaires vascularisées. La douleur initiale peut être vive, puis diminuer, laissant place à une sensation d’instabilité lors de la mise en charge. L’appui devient difficile, sans blocage articulaire franc, ce qui distingue cette lésion d’une atteinte méniscale aiguë. À l’examen visuel, le genou paraît tendu, avec une augmentation du volume articulaire mesurable. La limitation de l’extension complète est fréquente, liée à l’épanchement, et oriente vers une lésion intra-articulaire significative.

Tests cliniques spécifiques

L’évaluation repose ensuite sur des tests manuels validés en pratique orthopédique. Le test de Lachman constitue la référence, réalisé genou fléchi à trente degrés. Un tiroir antérieur augmenté, associé à une absence de point d’arrêt ferme, indique une rupture du ligament croisé antérieur. Le test du tiroir antérieur, genou à 90°, complète l’examen mais reste influencé par la contraction musculaire. Le pivot shift explore l’instabilité rotatoire et devient positif lorsque un ressaut apparaît lors de la flexion progressive. La comparaison systématique avec le genou sain permet d’objectiver l’anomalie. Ces tests fournissent des critères cliniques mesurables, indispensables pour poser un diagnostic fiable dès la consultation.

Examen de l’articulation

L’examen clinique global du genou affine le diagnostic en recherchant des lésions associées, notamment dans un contexte dégénératif pouvant évoquer une arthrose débutante ou évoluée. La palpation explore les reliefs osseux, les ligaments latéraux et les interlignes articulaires afin d’exclure une fracture ou une entorse périphérique isolée. La mobilité passive est évaluée pour détecter une raideur anormale ou une douleur localisée. La stabilité frontale et sagittale est testée avec précision, en tenant compte du relâchement musculaire du patient. Une attention particulière est portée à la présence d’un épanchement persistant, qui confirme l’atteinte intra-articulaire. Cet examen détaillé permet d’orienter le diagnostic vers une rupture ligamentaire isolée ou combinée, conditionnant la suite de la prise en charge.

diagnostic genou

Imagerie médicale

L’imagerie intervient pour confirmer le diagnostic clinique et préciser la nature de la lésion. La radiographie standard du genou élimine une fracture associée, notamment un arrachement osseux du plateau tibial. L’imagerie par résonance magnétique constitue l’examen de référence pour visualiser le ligament croisé antérieur. Elle met en évidence une discontinuité des fibres, un aspect ondulé ou un œdème intra-ligamentaire. Cet examen permet également d’identifier des lésions méniscales ou cartilagineuses associées, fréquentes lors de ce type de traumatisme. Les informations obtenues orientent vers une rupture complète ou partielle et fournissent des données objectives, indispensables avant toute décision thérapeutique, qu’elle soit conservatrice ou chirurgicale.

Diagnostic différentiel

La dernière étape consiste à éliminer d’autres pathologies du genou pouvant mimer une rupture du ligament croisé antérieur. Une entorse du ligament collatéral médial provoque une douleur localisée sur le compartiment interne sans instabilité antérieure marquée. Une lésion méniscale aiguë entraîne plutôt un blocage mécanique et une douleur à la mobilisation rotative. Une contusion osseuse se traduit par une douleur diffuse sans tiroir pathologique. L’analyse croisée des signes cliniques, des tests spécifiques et de l’imagerie permet d’écarter ces hypothèses. Ce raisonnement structuré garantit un diagnostic précis de rupture du ligament croisé antérieur, fondé sur des critères objectifs et reproductibles.

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