168 jours. Selon plusieurs études, c’est la durée moyenne pendant laquelle un port-à-cath reste en place après la dernière séance de chimiothérapie. Un chiffre qui n’a rien d’une règle intangible : chaque parcours raconte une autre histoire, tissée de choix médicaux, de vigilance et d’aléas personnels.
Le retrait d’un port à cathéter ne suit jamais un calendrier prédéfini. Chez certains patients, il reste plusieurs mois, parfois des années sans causer de problème. D’autres voient leur port retiré plus tôt, en fonction de l’évolution de leur pathologie ou de l’apparition d’effets indésirables. Les recommandations diffèrent d’un protocole à l’autre, selon le profil du patient et le niveau de risque infectieux estimé.
Ce petit boîtier, devenu le compagnon discret de tant de parcours de soins, exige une attention continue et des gestes adaptés même après la chimiothérapie. C’est la condition pour éviter tout désagrément inutile ou incident évitable, bien au-delà du dernier traitement.
Comprendre le port-à-cath : pose, fonctionnement et vécu au quotidien
Le port-à-cath, aussi appelé chambre implantable, s’est imposé comme un outil incontournable pour de nombreux patients sous chimiothérapie. Ce dispositif veineux implantable relie une chambre posée sous la peau à une veine centrale par l’intermédiaire d’un cathéter. L’installation, réalisée sous anesthésie locale ou générale, mobilise plusieurs professionnels de santé : chirurgien, anesthésiste, et parfois radiologue interventionnel.
La chambre prend place sous la clavicule ou dans le bras, devenant le point d’accès privilégié pour la perfusion répétée de traitements. Grâce à ce système, fini les multiples piqûres dans les veines du bras à chaque séance. L’aiguille Huber, conçue spécifiquement pour ce type d’accès, est insérée par l’équipe soignante à chaque utilisation. Une fois en place, la perfusion s’effectue directement via le cathéter implanté, ce qui limite l’irritation des veines périphériques et rend les traitements moins pénibles.
Au quotidien, la chambre implantable disparaît presque sous la peau. Peu de gênes, aucune restriction stricte sur l’activité physique si ce n’est d’éviter les chocs directs sur la zone concernée. Lorsqu’il est utilisé, un pansement protège l’orifice d’accès. L’hygiène, ici, n’est pas négociable : elle reste le principal rempart contre le risque infectieux. Prudence également lors de la manipulation : seule une aiguille Huber doit être utilisée pour préserver l’intégrité de la membrane interne.
L’équipe soignante accompagne le patient dans la surveillance de la zone d’implantation, la gestion des soins à domicile et la détection rapide du moindre signe d’infection ou de défaillance du dispositif. La carte d’identification du dispositif n’est pas un simple accessoire : elle peut s’avérer précieuse lors de voyages ou en cas d’urgence.
Combien de temps garder un port-à-cath après la chimiothérapie et comment en prendre soin ?
Après la dernière perfusion, la question du retrait du port-à-cath revient souvent sur la table. Il n’existe pas de délai universel : la durée de conservation du dispositif dépend de l’état de santé du patient, du risque de rechute et du protocole initial. En pratique, le port-à-cath reste fréquemment en place plusieurs mois après la fin des soins, afin d’anticiper une éventuelle reprise des traitements. En cas de rémission jugée solide, le médecin et l’équipe soignante réévaluent la pertinence de le garder ou non.
Un suivi attentif reste nécessaire, même quand la chimiothérapie est terminée. Le port-à-cath doit être rincé toutes les quatre à six semaines par un professionnel pour éviter toute obstruction du cathéter. La vigilance s’applique aussi à la surveillance des signes suivants :
- Apparition d’une gêne, d’un inconfort ou d’une modification visible autour de la zone d’implantation.
- Signalement à l’équipe soignante avant la réalisation d’un examen d’imagerie, notamment pour une IRM.
- Conservation en permanence de la carte d’identification du dispositif sur soi.
Même si les complications restent peu fréquentes, leur impact impose de ne rien laisser passer. Le retrait du port-à-cath, acte chirurgical rapide réalisé en ambulatoire sous anesthésie locale, ne se fait qu’après concertation médicale. C’est une décision sur-mesure, qui prend en compte le risque de rechute, la qualité du suivi et la tolérance du patient à la présence du port cath.
Rester attentif, s’entourer d’une équipe disponible et poser ses questions, c’est aussi cela, reprendre le contrôle sur l’après-cancer. Le port-à-cath, discret mais vigilant, s’efface alors, marquant la fin d’un chapitre et le début d’un nouveau souffle.


